In-/Certitudes et dynamiques de transition
LOGOS 2026 - École doctorale transfrontalière en Sciences humaines et sociales
Qu'est-ce que LOGOS et comment participer ?
L’école doctorale transfrontalière LOGOS regroupe les structures doctorales en sciences humaines et sociales des Universités de Liège, Lorraine, Luxembourg, la Sarre, Trèves et Mannheim. Instituée sous ce nom en 2011, elle est l’un des projets-pilotes de l’Université de la Grande Région.
Tous les ans, LOGOS organise des journées doctorales qui permettent aux doctorant⋅es en sciences humaines et sociales des différentes universités partenaires de présenter leurs recherches en cours puis d’en discuter avec d’autres doctorant⋅es et avec les en-seignant⋅es et directeurs⋅trices de thèse présent⋅es. Ce colloque annuel offre aux parti-cipant·es la possibilité d’échanger leurs idées au-delà des frontières géographiques et disciplinaires et de présenter les premiers résultats de leurs recherches. Les journées sont introduites par deux conférences magistrales, l’une en français, l’autre en alle-mand, données par des spécialistes de la thématique retenue. Volontairement choisi pour son caractère inter- et transdisciplinaire, le thème annuel se veut ouvert aux pra-tiques et méthodes les plus diversifiées, tout en demeurant lié aux notions d’identité et d’interculturalité qui constituent les fondements de LOGOS.
L'édition 2026 des journées doctorales de LOGOS se tiendra à l’Université du Luxembourg du 11 au 13 juin. Le thème retenu cette année est " In-/Certitudes et dynamiques de transition".
LOGOS est bilingue (français – allemand) mais il n’est pas nécessaire de maitriser les deux langues : les propositions peuvent être faites en allemand comme en français ; les présentations et discussions ont lieu dans les deux langues.
Tou⋅te⋅s les doctorant⋅es des universités partenaires sont invité⋅es, dans le cadre de ce colloque, à présenter un exposé et à participer aux discussions scientifiques.
Thème des journées 2026 : In-/Certitudes et dynamiques de transition
Le passé récent de l’Europe est marqué par des bouleversements géopolitiques, de nouvelles délimitations de frontières et l'érosion de certitudes familières. Avec le con-cept de « changement d’époque » (Zeitenwende), les responsables politiques alle-mands ont identifié cette transition vers une ère de nouvelles incertitudes, instabilités et fractures, et ont formulé l'ambition de recréer de l’ordre, de la stabilité et de la sé-curité. Mais il ne s’agit pas que de géopolitique. L’introduction de l’IA générative est également considérée comme une césure. Les comparaisons avec d’autres événe-ments ou époques historiques (p.ex. l’apparition de l’imprimerie, les révolutions), omniprésentes dans les médias, indiquent que de telles réactions à des transitions sont observables tant dans le passé que dans le présent. Elles constituent le coeur de LOGOS 2026.
Les in-/certitudes sont à la fois liées à l'État (par ex. sécurité « extérieure » et « inté-rieure ») et à l'individu (par ex. « sécurité de l'emploi ») ou s'articulent à leurs inter-sections (par ex. « sécurité sociale »). Les incertitudes et les certitudes sont souvent abordées et étudiées sous l'angle de l'inquiétude et de la peur ou de la confiance et de l'assurance. Cette perspective affective est reflétée par le concept de « société du risque » ou par la recherche liée au champ thématique de la résilience. En tant que constructions sociales, culturelles, les in-/certitudes deviennent particulièrement effi-caces et analytiquement saisissables en période de transition.
LOGOS 2026 se propose donc d’étudier les transformations et des dé- et les dé- et restabilisations qui leur sont associées, les incertitudes et les processus de sécurisa-tion ainsi que les logiques qui les guident. Comment sont constitués les processus so-ciaux et culturels de production ou de dissolution des in-/certitudes ? Quelle est leur efficacité et comment sont-ils négociés socialement ? Comment émergent-ils, se déve-loppent-ils et se modifient-ils dans le passé et le présent ? Nous nous intéressons à trois approches analytiques des in-/certitudes, qui s'articulent dans des pratiques, re-présentations et discours sociaux, culturels et esthétiques, et que nous souhaitsons mettre en relation :
(1) Déstabilisations, incertitudes et résistance
Les transitions sont la cause de – ou émergent de – changements et déplacements qui remettent en question le familier et provoquent des incertitudes, des déstabilisations et des contingences. Ces moments de fragilité ou de vulnérabilité génèrent des forces de résistance, guidées par le besoin de préserver les certitudes établies, les conven-tions et les continuités et de lutter contre les déstabilisations.
- Exemple politique : virage à droite en Europe en réaction à l'immigration, poli-tiques identitaires ; réintroduction des contrôles aux frontières intérieures de l'UE en réaction aux mouvements migratoires et aux incertitudes géopolitiques ;
- Exemple politique/linguistique: discours et stratégies multimodales de partis populistes qui visent à créer un sentiment d’insécurité (p.ex. par rapport aux flux mi-gratoires ; border anxiety).
- Exemple d'histoire culturelle : discours et rhétoriques de la nostalgie – de la conception antique d'un « âge d'or » à l'idée médiévale de translatio et au roman-tisme comme contre-mouvement à la rationalité et à la scientificité des Lumières, jus-qu'aux phénomènes modernes rétro/vintage et Tradwife comme réactions aux pro-cessus de modernisation sociétale ;
- Exemple d'histoire des idées : émergence de nouvelles idéologies, mythes et systèmes de sens (comme le nationalisme, l’idéologie du progrès) en réponse à la perte de certitudes transcendantes dans une modernité sécularisée.
(2) Processus de sécurisation, restabilisations et innovation
Pour créer ou préserver des certitudes et des conditions stables en réaction à des transformations ou dans leur sillage, les pratiques et routines familières s'avèrent souvent inefficaces. Il faut plutôt de nouvelles approches – innovantes – qui sont adaptées aux conditions d'incertitudes et de déstabilisations et qui se révèlent effi-caces – même si elles peuvent également générer de nouveaux risques et incertitudes. Ce potentiel (disruptif) d'innovation, inhérent aux transitions, est souvent discuté en termes de résilience et de capacité d'adaptation après des moments de crise.
- Exemple politique/technologique : essor et innovation de la technologie de surveillance numérique (frontières « intelligentes ») en réaction aux bouleversements géopolitiques et à l'immigration ;
- Exemple politique/gestion de crise : mesures politiques (innovantes) pour sé-curiser les régions frontalières vulnérables (expérience de la Covid-19) ;
- Exemple politique/de communication : mesures étatiques/politiques qui con-tribuent de manière discursive/modale à rassurer la population (identity building) ;
- Exemple médias/espace public : contrôle algorithmique, procédés de curation de données ou « technologies de confiance » (blockchain, plateformes de vérification des faits) comme réaction à la perte de certitudes médiatiques, de modèles familiers d'espace public, d'auctorialité et de production de vérité (fake news/deep fakes, in-certitudes épistémiques) ;
- Exemple d'histoire culturelle : formes de médiation (comme l'imprimerie au XVe siècle) comme réponse aux limites de la transmission traditionnelle du savoir (manuscrits, oralité), qui conduisent simultanément à de nouveaux conflits sur la censure, le contrôle et la vérité.
(3) Agentivité, gouvernance et pouvoir
Les incertitudes et instabilités induites au cours des transitions, mais aussi les proces-sus de sécurisation, constituent des processus sociaux et culturels auxquels partici-pent une multitude d'acteurs. Ces derniers négocient les transitions et les in-/certi-tudes dans des rapports hégémoniques et/ou subversifs les uns avec les autres, lut-tent pour l'hégémonie interprétative et la légitimation. De tels processus contestés concernent des dimensions politiques et sociales, ainsi qu'affectives, culturelles et symboliques : pour maîtriser les incertitudes et créer de nouvelles sécurités, les va-leurs, émotions et formes de création de sens sont transformées.
- Exemple politique : tensions entre formes d'action militantes et pouvoir éta-tique (Fridays for Future, MeToo) ;
- Exemple politique/linguistique: néologismes, glissements sémantiques et réin-terprétation de concepts ;
- Exemple d'histoire littéraire/culturelle : formes d'expression textuelle (chants lyriques, tracts/pamphlets, satire, chansons de protestation ou poésie spoken-word) comme moyens de remise en question du pouvoir, de formation de l'opinion pu-blique et d'agentivité (subversive) ;
- Exemple médias/espace public : médias sociaux, influenceurs et algorithmes de plateforme comme acteurs dans les processus de pouvoir et d'interprétation, qui renégocient l'attention, les narratifs et les structures de gouvernance ;
- Exemple anthropologie/sociologie : formes ritualisées de communautarisation (rituels d'initiation, fêtes ou commémorations collectives) qui servent à la stabilisa-tion émotionnelle et à la gestion des expériences de transition ;
- Exemple philosophie/recherche sur les émotions : émotions collectives comme l'indignation ou la solidarité (par ex. pendant les manifestations Black Lives Matter) qui produisent des communautés affectives et de nouvelles formes d'action poli-tique ;
- Exemple d'histoire culturelle : modèles de référence d'une vie « bonne » et « sûre » négociés publiquement, comme par ex. les esthétiques et pratiques de la pleine conscience et de l'autorégulation (de l'éthique des vertus courtoises au Digital Detox, Mindfulness, Slow Living).
Nous sollicitons des propositions de communications issues des sciences littéraires, linguistiques, historiques, culturelles, sociales, de communication ainsi que des hu-manités numériques, qui éclairent au moins une des approches analytiques propo-sées. Les communications peuvent être orientées tant empiriquement (étude de cas, analyse d'oeuvre) que théoriquement et conceptuellement, et doivent contribuer à la compréhension des dynamiques de transition ainsi que du concept d'in-/certitude.
Organisation
Le comité d’organisation attend les propositions des doctorant⋅es pour le 27 mars 2026 au plus tard, sous forme d’un dossier PDF à adresser à Christoph Brüll (christoph.brull@uni.lu). L’acceptation sera communiquée au plus tard le 3 avril 2026.
Ce dossier comprendra les coordonnées personnelles du/de la doctorant⋅e (voir for-mulaire ci-dessous), un résumé d’une page en français ou en allemand (3000 signes maximum) avec une bibliographie d’une dizaine de titres, ainsi qu’un bref CV sous forme de tableau (2000 signes maximum). Les personnes sélectionnées seront infor-mées le 4 avril 2024.
Chaque exposé de 20 minutes sera suivi d’une discussion avec le public (20 minutes également). Pour favoriser les interactions interdisciplinaires, les contributions de-vront se concentrer sur des questions de méthode. Les concepts clés et les grandes lignes de la proposition feront l’objet d’une présentation Powerpoint ou d’un ré-sumé dans l’autre langue de travail, à envoyer au plus tard le 8 juin 2026 à christoph.brull@uni.lu.
Outre la possibilité de présenter ses travaux en ateliers, LOGOS offre l’occasion de rencontrer de manière individuelle ou en petit groupe un⋅e scientifique du réseau en vue d’une discussion approfondie (il s’agit de ce que l’on appelle « masterclass »). À l’heure actuelle, deux masterclasses sont prévues :
- Prof. Dr. Alex Demeulenaere (Université de Lorraine) : „Réflexions sur l’inter-disciplinarité: l‘International Research Training Group ‚Diversity: Mediating Differences in Transcultural Spaces‘“
- Prof. Dr. Alvaro Ceballos Viro (Université du Luxembourg) : Les interfaces numériques dans les humanités.
Nous prions les personnes intéressées de prévoir suffisamment de temps : Les partici-pant⋅es sont attendu⋅es à l’université de Luxembourg (maison Schuman) le 11 juin à 14h. La clôture des journées aura lieu le 13 juin en début d’après-midi. Le 11 juin au-ront lieu les conférences inaugurales en séance plénière et les « masterclasses » ; les 12 juin (matin et après-midi) et 13 juin (matin), les présentations doctorales se dérouleront en ateliers parallèles. Une discussion en plénière clôturera la manifestation le 13 juin en fin de matinée.
Plusieurs universités reconnaissent la participation au colloque doctoral LOGOS comme faisant partie d’une formation doctorale structurée. Renseignez-vous auprès de votre université d’origine. Tou⋅te⋅s les doctorant⋅es recevront, à la fin de la manifes-tation, un certificat de participation. Ils/Elles pourront publier leur communication re-maniée, avec l’accord de leur encadrant⋅e, sur la page internet de LOGOS.
Les frais d’hébergement et de restauration sont pris en charge par le comité d’organi-sation local. Les frais de déplacement sont à la charge des universités d’origine. Une demande peut être adressée par chaque doctorant⋅e à son institution.
Comité d’organisation à l’Université du Luxembourg
Amelie Bendheim, Christoph Brüll, Christian Wille
Conseil de LOGOS
Directeur : Prof. ass. Dr. Christoph Brüll (Université du Luxembourg ; depuis 2019)
Université de Liège: Prof. Dr. Alvaro Ceballos Viro (Langues et littératures espa-gnoles), Prof. Dr. Arnaud Dewalque (Philosophie), Prof. Dr. Jeremy Hamers (Arts et Sciences de la Communication), Prof. Dr. Catherine Lanneau (Histoire), Prof. Dr. Céline Letawe (Traduction), Prof. Dr. Dominique Longrée (Langues classiques).
Université de Lorraine: Dr. Christine Barralis (Histoire), Dr. Cécile Chamayou-Kuhn (Littérature germanique), Prof. Dr. Alex Demeulenaere (littérature compa-rée), Prof. Dr. Stéphane Dufour (Sciences de l’information et de la communication) Prof. Dr. Françoise Lartillot (Littérature germanique ; directrice de LOGOS 2011-2019), Prof. Dr. Reiner Marcowitz (Études germaniques, histoire).
Université du Luxembourg: Prof. adj. Dr. Amelie Bendheim (Germanistische Me-diävistik), Prof. ass. Dr. Christoph Brüll (Histoire), Prof. adj. Dr. Sonja Kmec (His-toire, Etudes culturelles), Prof. ass. Dr. Christian Wille (Border Studies).
Universität Mannheim: Prof. Dr. Justus Fetscher (Germanistische Literaturwissen-schaft), Prof. Dr. Claudia Gronemann (Romanische Literatur- und Medienwissen-schaft), Prof. Dr. Johannes Müller-Lancé (Romanische Sprach- und Medienwissen-schaft), Prof. Dr. Florence Oloff (Leibniz-Institut für Deutsche Sprache).
Universität des Saarlandes: Prof. Dr. Patricia Oster-Stierle (Französische Litera-turwissenschaft), Prof. Dr. Christiane Solte-Gresser (Allgemeine und Verglei-chende Literaturwissenschaft), Prof. Dr. Florian Weber (Europastudien), Prof. Dr. Romana Weiershausen (Frankophone Germanistik).
Universität Trier: PD Dr. Eva Bischoff (Geschichte), Prof. Dr. Lukas Clemens (Ge-schichte), PD Dr. Massimiliano Livi (Geschichte), Prof. Dr. Damien Tricoire (Ge-schichte).
Formulaire d'inscription (PDF)

